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Pierres, cascade et ruisseau
L'utilisation des minéraux est fondamentale dans les jardins japonais : les pierres, les groupes de pierres, mais aussi les graviers et même le sable. Ces deux derniers éléments représentent les vagues de l'océan, les casacdes ou les rivières. L'utilisation de l'eau est elle-même très importante. Les paysagistes réalisent des cascades (Taki), des ruisseaux (Nagare) et des étangs (Ike).
- Pierre (Ishi)
Les japonais ont toujours été
très proches des pierres pour des raisons d'ordre spirituel.
Il était donc logique qu'elles jouent un rôle très important
dans les jardins japonais. Mise à part le côté spirituel
des pierres, elles définissent la structure et l'équilibre
du jardin. |
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Groupe de pierres (Ishi gumi)
L'Ishigumi, également appelé
Iwagumi représente l'un des aspects le plus représentatif
des jardins japonais.
La réalisation d'un Ishigumi ne se restreint pas
au fait de positionner des pierres naturelles dans un
jardin. Il s'agit d'utiliser ces pierres afin de créer
un ensemble harmonieux et équilibré. La composition
de l'ouvrage doit faire ressortir
la puissance que chaque pierre dégage. Les paysagistes
japonais considèrent que sous leur aspect froid, les
pierres sont en réalité bouillonnantes et laissent transparaître
une certaine « Aura ». Les pierres utilisées
sont toujours par groupe de chiffres impairs. |
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Mur de pierres (Ishi gaki)
L'origine des Ishigaki remonte
à l'époque des châteaux fortifiés japonais Nihon no
o shiro, où les murs tenaient le rôle de fondations
extrêmement solides. Sur ces fondations était alors
élevé le château en question.
Contrairement aux châteaux forts européens qui étaient
entièrement construits en pierres, les châteaux japonais
possédaient une charpente en bois d'une charge colossale.
Le rôle des fondations était donc primordial et vital
puisque les conditions climatiques de ce pays sont relativement
rude, notamment avec la saison des pluies, les typhons
s'abattant sur le Japon du mois de Juillet jusqu'au
mois de septembre ou encore les tremblements de terre.
Bien que les Ishigaki furent longtemps utilisés comme
fondations, ils ont peu à peu rempli un rôle de délimitation
de terrain, notamment pour retenir la terre des bâtiments
construits en hauteur. Le développement d'une recherche
esthétique de ce mur traditionnel additionné au fait
qu'il était réalisé à partir d'un des cinq éléments
naturels ont
été les deux raisons qui amenèrent les architectes paysagistes japonais à l'intégrer dans les jardins.
Ils sont également utilisés comme base de Takegaki (paroi
en bambou). En effet, réaliser un Ishigaki d'environ
50cm de hauteur servant de base à une paroi en bambou
peut s'avérer d'une sensibilité et d'une puissance très
prononcée.
D'une conception plus moderne, construire un Ishigaki d'une
faible hauteur (1M), et l'intégrer à certains endroits
bien déterminés du jardin peut créer une sensation de
profondeur exceptionnelle. |
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- Cascade en pierres
(Taki)
La culture japonaise a toujours
été très proche et très respectueuse de la nature. Ses
jardins en sont d'ailleurs largement inspirés. La cascade
qui regroupe la roche, l'eau et la végétation ne pouvait
donc que tenir un rôle très apprécié dans la
conception d'un jardin japonais.
La réalisation d'une
cascade est très complexe, pour la simple raison
que l'on doit reconstituer artificiellement un morceau
de la nature. Imiter la nature peut sembler être un
exercice facile, mais c'est pourtant le plus compliqué
et le plus périlleux.
La réalisation d'une cascade fait appel en grande
partie aux mêmes bases que celles utilisées pour les
Ishigumi. La seule différence réside dans le fait que
l'on doit rester le plus proche possible de l'aspect
naturel tout au long de sa réalisation.
En faisant le choix de concevoir une cascade, il conviendra
d'articuler tout l'ensemble du jardin par rapport à
celle-ci, puisqu'elle en deviendra le noyau central.
Si l'utilisation des pierres est une partie très
importante dans la conception de l'ouvrage, le résultat
final dépendra du tracé que l'on aura choisi de donner
à la cascade, mais également de la chute et l'écoulement
de l'eau qui viendra se prolonger en Nagare (ruisseau).
Si l'on prend comme référence le Sakutei ki (le
plus ancien traité sur l'art des jardins japonais écrit
à la fin du 11ème siècle), l'eau doit s'écouler du Nord-est,
point du dragon vert « Seiryu », au Sud-ouest,
point du tigre blanc « Byakko », permettant
ainsi l'évacuation des mauvaises énergies. Il existe
plusieurs formes de chute d'eau qui ont toutes été inspirées
d'exemples existant dans la nature. Il est donc nécessaire
de choisir la forme la mieux adaptée au contexte du
jardin dans lequel on souhaite réaliser cette cascade. |
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Ruisseau (Nagare)
Le terme Nagare signifie
écoulement d'eau sous forme d'un ruisseau. La conception
d'un Nagare ne peut donc avoir que pour départ
une cascade à débit plus ou moins important, ou une
origine imaginaire.
Un Nagare est plus ou moins large et plus
ou moins long. On peut le rencontrer comme court ruisseau
dans un petit jardin ou comme rivière formant le prolongement
d'une cascade sur des surfaces plus importantes.
Le fond d'un Nagare est un des éléments essentiel. Visible
à l'oil, il doit être semblable au lit de la rivière.
La théorie voudrait que l'on utilise des Kawa ishi (pierres
provenant de la rivière), mais par soucis de donner
du caractère à certains jardins, l'utilisation des Yama
ishi (pierres provenant de la montagne), est possible.
En effet, les Yama ishi ayant des formes plus prononcées
que les rondeurs des kawa ishi, elles dégagent plus
de puissance. |
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