Le jardin japonais puise son
origine dans l’apport culturel au VIème siècle de la Chine
et de la Corée. Cependant, on suppose qu’il existait déjà
une forme de jardin, certes assez dépouillée qui mettait
en scène l’eau sous l’aspect d’étang, ainsi qu’un travail
de la surface du sol et des reliefs en symbolisant des
îlots.
Période Heian (794-1185).
A la période Heian, le jardin
traité comme un paysage doit former une image paradisiaque
et poétique. L’étang, placé au sud des bâtiments, y
tient une place très importante. Le jardin fait l’objet
d’un travail du relief important qui forme des montagnes
arborées par une végétation spécifique. Les jardins
de cette période sont conçus pour constituer de véritable
« tableau vivant » dont le mouvement est donné
par le rythme des saisons. Les cerisiers, les pruniers,
les érables ou
les arbustes comme les azalées sont donc fréquemment
utilisés.
Périodes
Kamakura (1192-1333) et Muromachi (1336-1573).
Durant les périodes Kamakura et Muromachi où l’influence
du Bouddhisme Zen est très présente, apparait un nouveau
type de jardin qui devient un lieu de méditation, celui
du Karesansui. Littéralement traduit par sec, montagne
et eau. Ces jardins sont
plus épurés et leur dimension symbolique va prendre
de plus en plus d’importance. Les arbres à feuillage
persistant sont préférés aux cerisiers et autres arbres
jusqu’alors utilisés.
Le type Karesansui est
un jardin qui utilise comme élément essentiel la pierre
sous tous ses aspects. Parmi les plus renommés, trois
des plus remarquables sont le Ryo Gen-in, le Daisen-in
et le Ryoan-ji , tous trois situés à Kyoto. Ils
représentent chacun les trois 3 grands styles de Karesansui.
Période
Azuchi-Momoyama (1573-1598).
Lorsque l’on évoque les jardins
japonais, on évoque aussi la cérémonie du thé et plus
particulièrement le Chaniwa, ou jardin de thé. Ce style
de jardin est apparu à la période Azuchi-Momoyama en
suivant le développement de la cérémonie du thé. Dans
un monde reconstitué rentrent en scène différents éléments
comme les allées en pierres, les parois en bambous ou
encore les Tsukubai. Tous ces éléments obéissent à des
règles d’agencement très strictes. Les lanternes jusqu’à
lors utilisées dans les temples furent reproduites de
taille plus petite, afin de les intégrer harmonieusement
au contexte des Chaniwa. De nouvelles formes de lanternes
furent également élaborées. La plus connue est l’Oribe
doro dessinée par un des grands maîtres de thé,
Oribe Sensei. C’est également à cette période
que les Tsuboniwa, jardins de petite superficie,
font leur apparition sous la forme que nous connaissons
aujourd’hui.
Période Edo (1603-1867).
L’époque est marquée par l’apparition
du kaiyushiki. Ce jardin constitue une sorte de synthèse
des différents styles déjà connus. Plus proche du concept
du jardin de l’époque Heian il peut pourtant accueillir
des chaniwa. Les pavillons sont alors séparés du jardin
et parcouru par une promenade.
Période
Meiji (1868-1912).
Avec la période Meiji et sa
nouvelle fascination pour l’occident on voit naître
un type de jardin que les japonais ne connaissait pas.
Le parc public
(koen) avec ses promenades ouvertes, ses pelouses et
ses massifs de fleurs sont la grande nouveauté de l’époque.
Il donne naissance à la notion de plein air, et de terrain
d’amusement.
Aujourd’hui les paysagistes japonais continuent
à réaliser des jardins en conjuguant les règles de bases
fondées par leurs ancêtres, à des notions décoratives
plus contemporaines. |
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