Taki (cascade en pierres)

La culture japonaise a toujours été très proche et très respectueuse de la nature. Ses jardins en sont d’ailleurs largement inspirés. La cascade qui regroupe la roche, l’eau et la végétation ne pouvait donc que tenir un rôle très apprécié dans la conception d’un jardin japonais.
La réalisation d’une cascade est très complexe, pour la simple raison que l’on doit reconstituer artificiellement un morceau de la nature. Imiter la nature peut sembler être un exercice facile, mais c’est pourtant le plus compliqué et le plus périlleux.
La réalisation d’une cascade fait appel en grande partie aux mêmes bases que celles utilisées pour les Ishigumi. La seule différence réside dans le fait que l’on doit rester le plus proche possible de l’aspect naturel tout au long de sa réalisation.
En faisant le choix de concevoir une cascade, il conviendra d’articuler tout l’ensemble du jardin par rapport à celle-ci, puisqu’elle en deviendra le noyau central.
Si l’utilisation des pierres est une partie très importante dans la conception de l’ouvrage, le résultat final dépendra du tracé que l’on aura choisi de donner à la cascade, mais également de la chute et l’écoulement de l’eau qui viendra se prolonger en Nagare (ruisseau). Si l’on prend comme référence le Sakutei ki (le plus ancien traité sur l’art des jardins japonais écrit à la fin du 11ème siècle), l’eau doit s’écouler du Nord-est, point du dragon vert « Seiryu », au Sud-ouest, point du tigre blanc « Byakko », permettant ainsi l’évacuation des mauvaises énergies. Il existe plusieurs formes de chute d’eau qui ont toutes été inspirées d’exemples existant dans la nature. Il est donc nécessaire de choisir la forme la mieux adaptée au contexte du jardin dans lequel on souhaite réaliser cette cascade.